La famille Pichouron
Des Côtes-du-Nord, théâtre de nombreuses actions résistantes
Naissance et formes de la Résistance (1940-1942)
La Résistance « spontanée » et la Résistance gaulliste
La défaite suivie de l’occupation subie par la population de la zone nord à laquelle appartient la Bretagne ne sont pas acceptées par tous. Comme en témoignent les premiers sabotages anonymes, quelques personnes réagissent contre l’occupant, d’autres ont gagné l’Angleterre, par exemple des élèves de l’école d’hydrographie de Paimpol au moment de l’arrivé des Allemands en juin 1940. Les mots d’ordre du général De Gaulle appelant à ne pas sortir l’après-midi du premier janvier 1941, lancés à la BBC, sont diffusés sous le manteau. A Saint-Brieuc, un tract fustige ceux qui n’ont pas respecté les consignes.
La jeunesse refuse l’occupant. Au début février 1941, un élève des Cordeliers à Dinan est renvoyé pour un dessin gaulliste. Les graffitis à l’emblème de la Croix de Lorraine et les V de la victoire fleurissent sur les murs des villes. A Saint-Brieuc, une manifestation de deuil de jeunes collégiennes et de lycéens marque publiquement le premier anniversaire de l’occupation du département. Les autorités vichyssoises craignent des troubles à l’occasion du baccalauréat. Au cours de l’été 1941 un « référendum » clandestin contre la politique de collaboration d’État est organisé : il faut écrire sa désapprobation au Secrétaire d’État à l’Intérieur. Plusieurs lettres interceptées par le contrôle postal témoignent de ce rejet. La police de l’Etat Français est chargée de démanteler les groupes de « propagandistes » gaullistes dans les villes comme à Dinan, Saint-Brieuc ou à Lannion. Cette propagande clandestine est un des premiers moyens d’action de la Résistance.
Les 11 novembre, 14 juillet, premier mai sont des dates symboliques de manifestations publiques. Le premier mai 1942 rassemble des centaines de personnes dans plusieurs villes du département. A Saint-Brieuc, des incidents graves ont éclatés avec la police. Les manifestants rendaient hommage aux combattants britanniques à l’occasion des obsèques d’aviateurs anglais abattus à Saint-Cast et à Saint-Brieuc en avril 1942.
Des jeunes gens tentent de rejoindre l’Angleterre à partir de la région de Paimpol sur des embarcations de fortune. Le 28 janvier 1941, l’Aviso a quitté Paimpol avec quatre hommes qui s’engagent dans les forces Navales Françaises libres et avec H. De Maudit, futur officier SAS parachuté après le 6 juin 1944 dans le département. C’est une réussite qui sera suivies d’autres tentatives qui malheureusement ne connaîtront pas toutes un sort positif. Ces formes de résistance variées, gaullistes, anglophiles, ne touchent qu’une minorité de gens.
Réseaux et mouvement de Résistance dans le département entre 1943 et 1944
Réseaux de renseignements et réseaux d’évasion
Les premiers réseaux de renseignements sont mis sur pied dès 1940 en Bretagne. Certains recueillent déjà des aviateurs alliés comme un réseau nantais qui à une antenne à Lanvollon avec le père J-B Legeay. A Bréhat, la famille Wilborts cherche le contact avec Londres et recueille des renseignements. Au bout de quelques mois, ces réseaux sont démantelés, mais d’autres se reconstituent. Le groupe de renseignement dit Barbé, à Lannion est arrêté dès décembre 1940, son chef est fusillé le 4 octobre 1941. La nécessité d’évacuer au mieux les aviateurs alliés pousse à l’organisation du réseau Sheburn qui, après un échec en 1943, fonctionne en 1944. En s’appuyant sur la résistance locale, ce réseau évacue 150 personnes par la plage Bonaparte à Plouha.
Les mouvements de Résistance
Les mouvements qui ont pour objectif de préparer et d’organiser la population contre l’occupant et contre le régime de Vichy naissent au cours de l’année 1943 dans le département.
Lancé par le PCF en mai 1941, le front National n’est formé qu’au début de 1943, en dépit de tracts signalés antérieurement dans le département. Jean Devienne, alias François et Louis Pichouron, responsable FTP, en sont les premiers organisateurs et dirigeants. Ce FN se développe rapidement dans l’ouest du département avec sa branche armée, les FTP.
En septembre 1943, Jean Devienne lance un journal clandestin, « La France combattante des Côtes-du-Nord, imprimé à Morlaix. Ce journal dénonce la collaboration, appelle à être réfractaire au STO et à la lutte pour la libération nationale. Ce journal devient un mensuel, dont environ dix numéros sont publiés avant la Libération. Il annonce en particulier les actions de lutte armée des FTP.
Au printemps 1943, le mouvement « Libération-Nord », dirigé par les socialistes est formé dans le département autour de résistants briochins. Yves Lavoquer, un des chefs, est chargé d’organiser l’Armée secrète selon les directives de Londres. Mais en février 1944, la direction de « Libé » est décapitée avec les arrestations et exécutions de plusieurs hauts responsables par la gestapo.
En août 1943 s’est constitué un troisième mouvement, « Défense de la France », à partir du journal clandestin du même nom Animé par l’abbé Fleury et par les métairies de Saint-Brieuc. Il recrute surtout dans les milieux démocrates-chrétiens et fusionne avec d’autres mouvements au sein du Mouvement de Libération Nationale, le MLN. Au début de 1944, ce mouvement appelle à la lutte armée avant le débarquement. Un homme issu du FN, Yves Le Hégarat, alias « Marceau » (photo 1), est nommé chef départemental des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) à la suite des arrestations du printemps 1944. Depuis plusieurs mois, les FTP résistent avec des moyens limités mais avec efficacité.
Vers l’insurrection nationale, fin février- 6 juin 1944
A la fin de 1943 et au début de 1944, la Résistance armée est en plein essor dans l’ouest du département grâce aux FTP. En février-mars 1944, 165 attentats sont officiellement recensés dont des attaques de mairies et de fermes pour nourrir ces « hors-la-loi » de plus en plus nombreux. L’épuration a commencé à la fin de 1943 avec les premières exécutions sommaires ainsi que la « bataille du rail » au début de 1944 avec en particulier l’action de la compagnie FTP la « Marseillaise » dans la région de Trégrom-Plouaret.
Les premiers maquis repliés d’Ille-et-Vilaine dans la forêt de la Hunaudaye et de Spézet dans la région de Paule-Plévinsont signalés à l’automne 1943. Mais la gendarmerie de Guingamp déclenche une rafle qui détruit le maquis et provoque plusieurs arrestations. Les hommes de Jojo, Georges Ollitrault, des maquis Tito attaquent directement les Allemands dans la région de Maël-Pestivien et provoquent des représailles sur les civils.
Malgré trois parachutages d’armes en mars 1944, les FTP des Côtes-du-Nord manqueront d’armes.
Au début de mai 1944, l’insurrection se généralise dans l’ouest du département avec la montée au maquis des FTP qui doivent fuir les rafles de plus en plus massives. Ces maquis FTP se localisent dans la région de Maël-Carhaix, de Callac, de Saint-Nicolas-du-Pelem, de Squiffiec et de Pommerit-Jaudy. Alors, les actions de toute nature se multiplient jusqu’à l’attaque des prisons comme à Lannion et à Dinan. A la veille du débarquement, 350 attentats ont été recensés dans les deux mois précédents . Et principalement grâce aux actions des FTP.
La libération des Côtes-du-Nord et la restauration de l’ordre républicain
La rapide libération du département, 3 août-17 août 1944
Dans les premiers jours d’août 1944, après la percée d’Avranches, les troupes américaines foncent vers Brest. Les villes évacuées par les Allemands en retraite ou repliés sur des points de défense (région de Paimpol, Lorient, Brest) sont libérées par la Résistance non sans accrochages. Dès le 4 août, Saint-Brieuc est ainsi libérée ; Le Trégor se libère lui-même, les Américains n’entrent dans Lannion (libérée le 5 août) que le 11 août. Ils ont aidé les FFI à prendre Guingamp le 7 de ce même mois. Ils participent également à la liquidation des dernières poches sur le littoral du 13 au 17 août.
Les pouvoirs à la libération et à la renaissance des partis politiques
Le Comité Départemental de Libération, présidé par Henri Avril, qui adhère à la SFIO, est très dynamique ; Les mouvements de Résistance, les partis politiques et les syndicats sont représentés en son sein. Majoritairement à gauche, le front National, représenté par son chef Jean Devienne, tend à orienter le CDL vers le contrôled’une partie du pouvoir en s’appuyant sur les comités locaux de libération et les FFI. Le PC F, premier et principal parti politique réorganisé dès la Libération publie son journal, « L’aube Nouvelle » . Il comptera environ 15 000 adhérents dans le département en 1946. Son engagement précoce dans la Résistance en fait la seconde force politique après le MRP.
L’épuration
Période douloureuse qui a marqué la mémoire de la libération, l’épuration revêt plusieurs formes. Elle commence avec les exécutions sommaires dans le département, 215 selon une enquête officielle de 1948. 237 en réalité, soit le chiffre le plus élevé des départements bretons. Il y a aussi les femmes tondues, les internés administratifs, souvent par mesure de protection et afin de juger les véritables collaborateurs. Il y aura 1270 arrestations entre août 1944 et août 1945.
A partir de la fin de 1944, la cour de justice des Côtes-du-Nord et la Chambre Civique jugent en condamnant les collaborateurs et les délateurs au cours de procès passionnés, tandis qu’une épuration administrative limitée est mise en œuvre en 1945.
Les séquelles de la guerre, 1944-1945
A l’automne 1944, après quatre ans de pillage économique du pays par l’occupant, les difficultés économiques et les pénuries s’aggravent, le trafic portuaire est paralysé, le ravitaillement dans les villes demeure difficile. L’inflation et le chômage sévissent. Cependant, la reconstruction s’amorce.
Sur le plan municipal, le renouvellement des municipalités par la nomination de résistants marque un net glissement à gauche. Les comités locaux de la Libération se sont souvent transformés en municipalités installées à l’automne 1944, comme à Trégastel. Environ la moitié des nouveaux conseillers seront réélus en avril-mai 1945 . La stabilité politique est davantage la règle en pays gallo, dans la région de Dinan.
Le Front National et le PCF multiplient les réunions très suivies à l’automne 1944. Au début de 1945, les structures issues de la Résistance tiennent un congrès à Saint-Brieuc mais après un semi-échec des États Généraux de la Renaissance française en juillet 1945, elles s’effacent tout comme le CDL. Le PCF et le FN qui ont commencé à former quelques milices patriotiques, malgré leur dissolution par le général De Gaulle à l’automne 1944, n’insistent pas avec l’appel de Maurice Thorez à jouer le jeu de la légalité républicaine.
Le 8 mai 1945, on commémore la capitulation allemande dans toutes les villes et villages par des cérémonies mais le bilan humain est très lourd. Les Allemands ont frappé durement la Résistance au cours de rafles pendant la période insurrectionnelle . Vingt et un résistants sont condamnés à mort en cours martiale et fusillés les 6 et 7 mai 1944 dont sept FTP « La Marseillaise » de Plouaret. Plusieurs jeunes résistants, arrêtés au cours de la rafle de Plouguenast, sont torturés par la Gestapo à Uzel. Leurs cadavres sont découverts dans la forêt de l’Orge après la Libération .
Environ 750 personnes du département ont été tuées, fusillées et suppliciées par les Allemands d’après une enquête des Renseignements Généraux du 14 octobre 1952. Il y eut 585 personnes déportées dont 318 ne rentrèrent pas des camps de la mort.
Extraits des travaux de Christian Bougeard, maître de conférence à l’UBO.
Désiré Camus, « On nous appelait terroristes », Skol Vreizh, 1994
Voici quelques extraits de cet ouvrage qui a été unanimement salué par les spécialistes de l’histoire de la Résistance en Bretagne . Désiré Camus dans son ouvrage dépeint avec une grande justesse ce qu’était le difficile quotidien de ces résistants et nous livre également des échanges savoureux avec son chef de réseau qu’était Louis Pichouron, alias le commandant Alain !
« Par son essence même, par ses actions secrètes, par une confusion qui y régnait parfois, la Résistance demeura aux yeux du profane un mythe et, ipso facto, une source inépuisable de controverses. »
« Il y a ceux qui se sont précipités, quelques jours avant la Libération, au secours de la victoire et qui, embouchant les trompettes de la renommée, se font ériger des statues sur les cadavres oubliés des premiers résistants. Il y a ceux qui ont servi la Résistance, il y a ceux qui se sont servis de la Résistance. »
« Paradoxalement, c’est sous l’occupation allemande et le régime de restriction qu’elle imposait que le fermier breton se mit à bien manger. (…) Mais les temps étaient changés : on vit de grandes dames prendre le chemin de la ferme pour quémander au prix fort de quoi garnir la marmite . (…) Il valait mieux connaître un bon cultivateur qu’un sous-préfet. »
Louis Pichouron alias le commandant Alain
Louis Pichouron (le commandant Alain), co-organisateur de la Résistance dans le département
« Le front National : lancé par le PCF, en mai 1941, son existence est attestée au début 143 dans les Côtes-du-Nord (tracts contre le STO). Jusqu’à cette date, les tracts diffusés sont signé du PCF. Il est organisé à partir de février-mars 1943 par Jean Devienne, alias « François », instituteur socialiste, venu du Nord et par le communiste Louis Pichouron, alias « Omer » et « Alain », responsable FTP. »
Alain organisant les indispensables parachutages d’armes
« T’as sans doute raison de râler Désiré, mais je crois que bientôt tu vas être contenté », déclare Alain d’un ton sentencieux . « Si ma combine réussit, il ne va pas tarder à pleuvoir… ».
« Le jour est à peine levé et je vois arriver au bourg de Plouëc, un cycliste dans une canadienne, son nez en bec d’aigle et ses pommettes sont rouges de froid. C’est Alain, il a l’air épuisé. Je le fait rentrer pour boire un ersatz de café. « ça y est, Désiré, cette fois c’est dans la poche ! » M’annonce-t-il, le regard brillant… » la combine a marché . Préviens tout de suite Pierrot. Il faut que vous trouviez sans tarder un camion pour venir chercher des armes et du plastic(…) Alain, pour une fois détendu, m’explique brièvement l’astuce qu’il lui a fallu déployer depuis des mois pour obtenir ce parachutage. Comment il a pu, par l’intermédiaire de commerçants, entrer en contact avec un agent du Bureau des Opérations Aériennes et comment il a réussi à faire demander ce parachutage par un responsable de l’Organisation Civile et Militaire, un mouvement de Résistance qui est en odeur de sainteté auprès des gaullistes parce que constitués de gens bien pensants encadrés par des officiers de réserve. « Ces gens là peuvent obtenir des armes à gogo, alors que pour nous… »
« Alain nous montre comment on les ouvre. Nous y découvrons des mitraillettes, des fusils, des colts, des boîtes de munitions, des grenades et des paquets d’explosif en bâtonnets de couleur jaune(…) Alain ouvre un container, dégraisse les éléments d’une mitraillette, approvisionne un chargeur et nous fait une démonstration de montage de l’arme, suivie d’une manière de s’en servir. »
Alain, un stratège lucide et économe de la vie humaine
« Il n’est pas question, déclare Alain, de s’attaquer directement aux Boches en rase campagne. Passé l’effet de surprise, vous ne feriez pas le poids. Dites-vous bien que ce sont des guerriers expérimentés, supérieurs en nombre et en armement. Pour le moment, priorité aux sabotages. Les armes doivent servir à vous protéger durant les opérations contre les moyens de communication. »
« Alain nous annonce que des rafles sont organisées par les miliciens et gendarmerie. Il faut répéter aux réfractaires et aux FTP d’éviter les lieux où les jeunes gens ont tendance à se regrouper .(…) Alain ajoute qu’il va être temps de songer à prendre le maquis avant de se faire coincer les uns après les autres. »
« C’est par ruse, en dissimulant son identité de chef des FTP, qu’Alain a réussi à obtenir les parachutages de Plounevez-Quintin et de Maël-Pestivien . »
Alain écarté des responsabilités en cette fin de guerre
« Qu’est-ce qui t’arrive, Alain, ça n’a pas l’air d’aller ? Ma question a jailli dès qu’il a laissé tomber son vélo contre le talus et s’est assis sur un tronc d’arbre à côté de Pierrot. Il a l’air abattu et son regard, d’habitude si déterminé, même au moment de la plus grande fatigue physique, exprime la tristesse et le désarroi : »Non, ça ne va pas du tout, on va me mettre sur la touche . Pour Andrieux, c’est déjà fait. Je ne suis plus votre chef… fini, liquidé ! »
« Bonne nouvelle, s’exclame Alain. Espérons que ça va marcher. En tout cas, quand vous aurez des armes, évitez de créer un gros maquis. Il faut conserver la formule des petits maquis mobiles. N’allez pas renouveler la connerie de Saint-Marcel. »
Commentaires oh combien lucides de Désiré Camus
« On peut distinguer trois catégories de combattants de la Résistance :
1 – Les pionniers qui ont pris les risques alors qu’ils ignoraient quelle serait l’issue du conflit mondial.
2 – Ceux qui sont venus au maquis avant le Débarquement du 6 juin 1944.
3 – Ceux qui sont venus après le débarquement en Normandie.
La première catégorie, la population et les journaux les appelaient les terroristes !
La deuxième catégorie, la population les appela les Patriotes. La troisième catégorie, on les appela les FFI. Quelques sous-officiers de l’armée de terre ou de la marine, qui avaient été casés par Vichy dans diverses administrations sont venus à ce moment pour encadrer ces nombreux volontaires pour le combat de la Libération.
Beaucoup de maquisards refusèrent de porter le brassard FFI. Ce brassard, dans leur esprit, désignait les volontaires de la dernière heure alors que le brassard FTP désignaient ceux qui avaient pris le maquis avant le 6 juin 1944 ! »
La famille Pichouron au cœur de la Résistance départementale
Né en 1902, Louis Pichouron est un militant communiste actif dès le début des années trente. En septembre 1939, la conséquence politique du pacte germano-soviétique est la dissolution du Parti Communiste français. Louis, comme de nombreux autres communistes s’organisent clandestinement pour continuer à échanger. Lors de l’occupation allemande, cette organisation clandestine va permettre de démarrer une résistance efficace à l’occupant. Avec Jean Devienne et Simone Bastien, Louis fonde le « Front National de lutte pour la libération et la Résistance française ». Dès lors, comme il le décrit très bien dans « Mémoires d’un partisan breton », Louis va parcourir l’ensemble du département, le plus souvent à vélo, pour organiser cette résistance en risquant sa vie quotidiennement. Son action incroyable permettra aux FTPF du département de réussir des actions de résistance remarquables comme la destruction de ponts, de lignes de chemin de fer, de dépôts de munitions, ou la libération de Résistants (prison de Lannion). La police de Vichy, comme la Gestapo n’arriveront pas à faire tomber le chef de la Résistance de notre département. Et Louis aura la chance de connaître la fin de la guerre et il s’éteindra, bien plus tard le 23 août 1985. Son frère Auguste connaîtra, malheureusement, un sort bien plus tragique. Né en 1900 à Minihy-Tréguier, il rejoint le Parti Communiste clandestin en 1942 et participe à des actions de résistance locale comme la surveillance et la mise en garde de ceux qui accueillent « trop favorablement l’occupant » ou qui échangent trop facilement avec la police politique de Vichy qui traquent déjà les Résistants. Et, suite à une dénonciation, le 8 août 1943, il est arrêté à son domicile de Kerflaca par la Section de Protection Anti-Communiste (SPAC). Sous les yeux de sa femme et de ses enfants, il est brutalisé avant d’être conduit jusqu’à la gendarmerie de Tréguier où il sera à nouveau battu avant de partir en déportation. Le même jour, Léonie Pichouron, la femme de Louis et Amédée Le Guen, son beau-frère, sont arrêtés. Après des mois d’emprisonnement, c’est la déportation en 1944, vers l’Est de l’Europe. Auguste et Amédée font partie du convoi des « tatoués » à destination d’Auschwitz. Ils seront séparés quelques semaines après et Auguste rejoint le camp de Flossenbürg où, usé par le travail, les conditions d’internement et la maladie, il s’éteindra le 16 février 1945, à l’âge de 44 ans. Amédée, transféré à Buchenwald, survivra et rentrera, n’étant plus que l’ombre de l’homme solide qu’il était. Léonie, bénéficiera d’un heureux concours de circonstance lors de sa déportation en train qui est attaqué et cloué sur place. Elle s’échappe alors, gagne la Suisse et finit par revenir en France. Jeanne la femme d’Amédée, sœur de Louis et Auguste, s’est occupée des deux filles de Louis, Marie-Thérèse et Solange, tout en poursuivant ses activités au sein de la Résistance.
Louis PICHOURON
Léonie LE COZANNET
Auguste PICHOURON
Jeanne PICHOURON
Amédée LE GUEN
