L’anse Saint-François

Indentification de cet ouvrage :

Cet ouvrage est le pont-passerelle qui enjambe la rivière du Guindy, en fond de ria entre Plouguiel et Tréguier, dans l’anse de Saint-François. Cette anse doit son nom aux moines franciscains qui s’y installèrent en 1483. Ils y restèrent jusqu’à la Révolution Française. Aujourd’hui, bien abritée derrière de hauts murs, une partie du couvent (monastère) a été réhabilitée en demeure secondaire.

Ce pont a principalement été conçu avec des moellons de granit et de schiste pour les culées, de bois pour le tablier et de métal pour les câbles porteurs et les garde-corps. Sa longueur totale est de 71,2 mètres avec une portée de 49 mètres et une largeur de deux mètres.

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L’histoire de ce monument :

Tout débute en 1833 par une ordonnance du roi de France Louis-Philippe qui autorise la construction d’une passerelle sur le Guindy avec perception d’un péage concédé par adjudication. Cette construction est le fait de l’entreprise Seguin Frères d’Annonay (Ardèche). Marc Séguin, petit neveu des frères Montgolfier, est l’inventeur des ponts suspendus dits « fils de fer ».

En 1873, le Conseil Municipal de Tréguier obtient la suppression des péages qui pesaient depuis quarante ans aussi bien sur les personnes que sur une multitude d’animaux identifiés dans l’article 4 de l’ordonnance : chevaux, ânes, bovins, ovins, oies et dindons…

En 1904, le sous-préfet, souhaite supprimer tout passage sur la passerelle, l’ouverture du Pont Noir lui enlevant une grande partie de son utilité. Mais la population locale n’est pas de son avis et une pétition est alors organisée. Elle obtient gain de cause au grand soulagement des nombreux usagers du pont qui menait à la rue Saint-François, rue commerçante de Tréguier.

En 1954, une démolition, suivie d’une reconstruction est menée par l’entreprise Coignet de Paris.

En 1972, puis en 1991, c’est l’entreprise Baudin-Châteauneuf qui redonne un coup de jeune à l’ensemble en remplaçant les suspensions (suspentes, étriers, tabliers, entretoise et contreventements…) et en modifiant les attaches et les suspentes.

En 2013, après neuf années de fermeture, la reconstruction du pont-passerelle est confiée à l’entreprise Freyssinet pour près de 600 000 euros, avec presque 100 000 euros de dons de la population locale très attachée à cet ouvrage. Et le 25 mai 2013, les élus des communes et le sous-préfet des deux rives se retrouvent pour l’inauguration de sa réouverture.

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La fonction de ce pont-passerelle :

Sa construction est la traduction d’une volonté de « moderniser » le passage entre les deux rives du Guindy qui depuis le Moyen-Age et jusqu’en 1833 était assuré par un bac dit du « passe-cheval ». Ce bac, sous la responsabilité des Franciscains, était géré par des passeurs locaux. Cette responsabilité a été tenue, entre autres, par deux familles implantées le long de ces berges depuis longtemps, les Nicolas et les Philippot.

L’historien local, Yvon Le Vaou, pensait qu’un passage à gué avait existé sur ce lieu durant l’Antiquité alors que le niveau des mers était dix mètres plus bas. Un « vieux grand chemin » (Hent braz coz) est en effet mentionné sur les rives plouguielloises.

Depuis 2013, après quelques années de fermetures liées à son mauvais état, le pont permet le passage des piétons et des cyclistes. Il est sur le GR34 et il doit s’intégrer dans le parcours européen appelé « voie verte ».

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Arrivée sur le pont depuis Plouguiel.

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Le pont passerelle vu de la baie de Saint-François, Plouguiel.

inauguration

Jacky Thomas (près du lutrin, avec sa canne) savoure cet instant historique qui ponctue l’aventure de la reconstruction de la passerelle Saint-François en présence des élus de Tréguier et Plouguiel.

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La culée du pont passerelle en moellons de granit.

Enquête réalisée par les élèves de CM1 et CM2 de Madame Emilie Gosselin et avec le concours de deux membres du « collectif pour la mémoire plouguielloise », Messieurs Jean Paul Pichouron et Pascal Offret.